Renouons avec le fleuve

Saviez-vous que l’île de Montréal était jadis entourée de plages publiques et de villégiatures riveraines ?
En fait, le fleuve Saint-Laurent a été le lieu d’activités récréatives très prisées de nos ancêtres. Il représentait d’ailleurs un pôle d’attraction fort intéressant pour la baignade.

Toutefois, les usages publics de notre fleuve ont été graduellement délaissés au cours du 20e siècle. Depuis plus de 100 ans, un nombre croissant de substances de toutes sortes ont été rejetées dans le fleuve. Vers 1960, la prise de conscience en termes de contamination de l’environnement a mené à la fermeture de nombreuses plages publiques très polluées. Parallèlement, des changements sociaux importants comme la privatisation des berges, la diversification des activités de loisir, l’expansion urbaine et un meilleur accès aux piscines ont également contribué à l’abandon des usages du fleuve par les citoyens.

Heureusement, au cours des 20 dernières années, des réglementations plus strictes et diverses interventions d’assainissement ont été mises en place et ont permis une amélioration notable de la qualité de l’eau du fleuve. Mais qu’en est-il de l’usage du fleuve pour la baignade ?

Un accès limité à l’eau

En dépit des progrès réalisés quant à l’assainissement des eaux usées, la réputation du fleuve reste encore à refaire concernant les usages de contacts directs avec l’eau. Généralement, la population montréalaise considère encore ces eaux trop polluées pour s’y baigner, pourtant, cela est faux. Bien que des améliorations sont encore souhaitables concernant la qualité de l’eau à certains endroits, c’est d’abord et avant tout un manque d’accès au fleuve qui en limite son potentiel pour la baignade.

10 bonnes raisons de revendiquer un meilleur accès à notre fleuve à Montréal

  • Nous sommes sur une île, pourquoi ne pas en profiter ? Montréal est une île comprenant un littoral de 260 km, par contre, sur toute sa superficie, on y compte seulement 3 plages dignes de ce nom ;

  • Des investissements majeurs ont permis d’assainir les eaux du fleuve. Le Programme d’assainissement des eaux usées du Québec a permis une amélioration notable de qualité de l’eau du fleuve Saint-Laurent depuis les années 80. N’oublions pas, ce sont plus de 7 milliards de dollars qui ont été investis à cet effet ;

  • Qui n’a pas besoin de se rafraîchir durant les chaudes journées d’été ? En contexte de changements climatiques, on risque d’ailleurs de voir les périodes de canicule s’accentuer ;

  • Nous avons à notre disposition un outil permettant de suivre la qualité de l’eau et de connaître ainsi les possibilités ponctuelles en termes de baignade. Depuis 1999, le Réseau de suivi du milieu aquatique (RSMA) de la Ville de Montréal procède à l’analyse bactériologique de l’eau sur 140 points d’échantillonnage des rives ceinturant l’île de Montréal. Nous sommes donc informés de la qualité de l’eau et des possibilités de pratiquer des activités de contacts avec l’eau sur les rives montréalaises ;

  • Il existe de nombreux sites potentiels de baignade autour de l’île de Montréal ! 58 points de prélèvements analysés par le RSMA en 2005 ont reçu le sceau QUALO signifiant que la qualité bactériologique de l’eau en rive permettait un usage de contact direct comme la baignade.

  • Nous avons l’opportunité de retrouver un usage oublié du fleuve qui a déjà été bien populaire à une certaine époque ;

  • C’est l’occasion de permettre le développement de plages et d’accès à la baignade au pourtour de l’île, rendant la baignade dans le fleuve accessible aux nombreux citoyens montréalais qui n’ont pas de voiture ;

  • La création de plages autour de l’île de Montréal, c’est aussi la création de lieux de rencontre et de socialisation, c’est favoriser une appartenance à la communauté et améliorer la qualité de vie des citoyens montréalais ;

  • Il n’y a pas que les piscines pour se baigner ! Retournons au fleuve pour permettre la baignade dans un milieu naturel ;

  • Parce que bouger c’est la santé, reconquérir un accès au fleuve c’est aussi favoriser la pratique de sports aquatiques !