Se baigner en santé

Bien que la qualité des eaux du fleuve se soit grandement améliorée depuis les vingt dernières années, il serait faux de dire que la baignade est possible et sécuritaire en tous lieux. Voici les principaux aspects à prendre en compte afin de pratiquer la baignade de manière à minimiser les risques.

La qualité microbiologique de l’eau

La qualité microbiologique de l’eau est l’un des premiers paramètres à vérifier avant de se lancer à l’eau. En fait, la présence de microorganismes potentiellement pathogènes (bactéries, virus, parasites) dans l’eau représente un risque pour la santé à plusieurs niveaux. Avaler de l'eau contaminée constitue la principale voie d’exposition à ces micro-organismes. Ceux-ci peuvent aussi pénétrer dans l'organisme par les oreilles, les yeux, le nez ou par une écorchure de la peau. Dans certains cas, le simple contact avec la peau peut aussi devenir une voie d’exposition. Les problèmes les plus fréquents associés au contact d’une eau de mauvaise qualité microbiologique sont les infections gastro-intestinales comme la diarrhée. Les infections des voies respiratoires supérieures, des yeux, des oreilles, du nez ou de la gorge, de même que les infections de la peau sont d’autres risques potentiels, mais ils occurrent moins fréquemment.

Le paramètre mesuré pour évaluer la qualité bactériologique de l’eau en eau douce est la teneur en bactéries Escherichia coli (E. coli), mesurée en unités formatrices de colonies (UFC) par 100 ml d’eau. Selon le MDDELCC, une eau contenant 20 UFC/ 100 ml ou moins est considérée comme étant d’excellente qualité pour tous les usages récréatifs de l’eau, alors qu’elle est considérée comme étant de bonne qualité pour une teneur en E. coli allant jusqu’à 100 UFC/ 100 ml. La qualité de l’eau de baignade est considérée passable si la teneur en E. coli se trouve entre 101 et 200 UFC/ 100 ml. Une fois dépassé cette teneur, la qualité de l’eau est jugée polluée et la plage doit être fermée.

Même si la qualité microbiologique de l’eau est jugée de bonne qualité, il est possible qu’elle présente tout de même des risques pour la santé. Pour ces raisons, certaines précautions devraient être prises en tout temps lors de la baignade. Un ensemble de recommandations est présenté sur le site Web du ministère de la Santé et des Services sociaux. En voici quelques exemples :
  • Ne pas avaler l’eau et protéger les plaies ouvertes
  • Éviter de se baigner en présence de symptômes de diarrhées
  • Pratiquer la baignade et autres activités aquatiques dans des endroits où la qualité de l’eau est régulièrement analysée et où les résultats sont affichés

Cette contamination microbiologique de l’eau provient principalement des eaux usées rejetées par les stations d’épuration qui ne désinfectent pas totalement leurs eaux. Elle peut également provenir des débordements des réseaux d’égouts par temps de pluie ou lors de bris ou de travaux. Des eaux contaminées d’origine agricole sont également à considérer, de même que celles provenant d’animaux.

« Pour assurer un meilleur accès récréatif à l’eau face à la problématique de la contamination bactériologique des eaux, la Fondation Rivières travaille activement à la réduction des débordements et l’ajout de filières de désinfection aux stations d’épuration lorsqu’elles sont absentes » affirme Alain Saladzius, président de la Fondation Rivières et membre organisateur du Comité citoyen Montréal Baignade.

Le Programme d’assainissement des eaux usées du Québec a permis une amélioration notable de la qualité de l’eau du fleuve Saint-Laurent depuis les années 80. À plusieurs endroits, la qualité microbiologique de l’eau est assez bonne pour permettre la baignade, tandis qu’à d’autres, elle laisse encore à désirer. Afin de connaître la qualité de l’eau en différents lieux du Fleuve au pourtour de Montréal, visitez le site Internet du Réseau de suivi des milieux aquatiques www.rsma.qc.ca. Il faut cependant prendre note que ces données sont généralement disponibles de 48 à 72 heures après le prélèvement.

La sécurité physique de la personne

Il est bien connu que certains endroits posent un risque pour la sécurité en raison des courants et des remous, par exemple. Ce faisant, il est toujours plus sécuritaire de se baigner là où les aménagements le permettent et en présence d’un sauveteur. Malheureusement, ces aménagements sont peu nombreux à Montréal.

Revendiquons donc un meilleur accès au fleuve !